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125ème anniversaire de la naissance des projections publiques en France `

La naissance d'une industrie et d'une concurrence`


Il y a 125 ans, 33 personnes s'installent dans le Grand Café, au 14 boulevard des capucines, à Paris, pour assister à la première projection publique d'un film en France. Tout à coup, la lumière s'éteint, l'écran s'anime...

Au programme pour un ticket à 1 franc (prix élevé pour l’époque), 10 vues animées d’une minute chacune : La Sortie de l’Usine Lumière à Lyon, Le Repas De Bébé, L’Arroseur Arrosé, La Voltige, La Pêche Aux Poissons Rouges, Le Débarquement Du Congrès De Photographie A Lyon, Les Forgerons, Le Saut A La Couverture, La Place Des Cordeliers A Lyon, La Mer.



Tout ceci est devenu possible grâce au cinématographe, oeuvre des frères Lumière (Louis et Auguste), appareil capable d'enregistrer les images en mouvement sur un film et de les projeter.

Notons ici qu'avant cela, d'autres projections ont déjà eu lieu à New York (Woodville Latham avec son Eidoloscope) et à Berlin (Max Skladanowsky et son frère Eugen, avec leur Bioskop).


N’oublions pas que le cinématographe est également une synthèse des procédés qui ont vu le jour jusqu’en 1895 : le kinétoscope (création en 1888 d’un appareil de projection individuel) et le kinétographe (appareil de prise de vues qui crée des films dès 1890) par l’américain Edison ainsi que le zootrope (en 1834 par l’anglais W.G Horner, à partir duquel le français Emile Reynaud crée le Théâtre Optique, premier dessin animé en 1892).


A ce moment-là, la machine révolutionnaire est décrite par ses inventeurs comme « une invention sans avenir ». Mais au vu de la stupéfaction et de l’engouement du nombre de spectateurs qui ne cesse d’augmenter, les projections se multiplient et la concurrence entre anglais, américains, allemands devient haletante. (guerre des brevets, production cinématographique, production des cinématographes en série à Paris par les Etablissements Carpentier).


Cette avancée ouvre la voie vers une industrie de masse : c’est la course à la création de films qui ne relatent pas que des scènes du quotidien ni de simples instants de la vie capturés dont se lasse rapidement le public. Celui-ci attend qu'on lui raconte une histoire, plus profonde et construite sur un scénario. C'est le début du divertissement dans les salles sombres et de la création au service de spectateurs toujours plus nombreux et avec des attentes toujours plus élevées.


C’est un an plus tard que les studios Pathé verront le jour en France, puis dans le monde.

Ils se consacrent au début à la vente de produits phonographiques, propose des films et des appareils de prises de vue. Puis Pathé se diversifie et commence à créer des activités à un niveau industriel en créant trois usines entre 1898 et 1906 : d’abord à Chatou (fabrication de cylindres puis de phonographes), à Vincennes (tournages de films, développement de négatifs, tirage de copies et coloriage de films), à Joinville à partir de 1906 (tirage de copies, montage, teintage). A l’étranger, Pathé s’implante en Angleterre, à Moscou et à Bound-Brook, dans le New Jersey. Il s'agit du premier empire cinématographique mondial, à tel point qu'Edison fonde son groupement de sociétés de production pour faire face à la succursale américaine du géant.


A cette heure où la lumière des salles est éteinte, nous espérons que cette nostalgie fera bientôt place à un retour de belles programmations pour illuminer nos yeux, nos âmes, nos vies.


http://www.fondation-jeromeseydoux-pathe.com/historique-pathe

https://www.youtube.com/watch? v=pENi3RM7m1Q&feature=youtu.be&ab_channel=InstitutLumi%C3%A8re

https://www.youtube.com/watch?v=nBIqX9KrOtY&feature=youtu.be&ab_channel=InstitutLumi%C3%A8re